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L'affaire Meriwether Lewis, 200 ans après sa mort

Le 11 octobre 1809, soit trois ans après son retour de Louisiane (cf : Lewis et Clark, pionniers et météorologues de l'Ouest américain), le capitaine Meriwether Lewis trouvait la mort dans d'étranges circonstances. Suicide ? Meurtre ? La polémique a fait long feu parmi les historiens. Or, Tom McSwain, l'un des descendants de Lewis, a annoncé récemment la création d'un site, Solve the Mystery, et surtout le lancement d'une campagne réclamant une nouvelle enquête sur la mort du célèbre explorateur.

La sépulture de Meriwether Lewis est située dans le Tennessee, le long de la Natchez Trace Parkway, une piste longue de 444 miles soit plus de 700 km et gérée par le National Park Service. Cette institution est seule habilitée à donner l'autorisation d'exhumer le corps pour une autopsie. Le mystère entourant la mort prématurée de l'explorateur a déjà créé une industrie lucrative de publications émanant de chercheurs de tous horizons (y compris des médecins légistes et des profileurs). Des universitaires ont poussé l'abnégation jusqu'à étudier le cycle lunaire présidant au jour fatal afin de discréditer le principal témoin visuel, une aubergiste chez qui la victime avait fait halte pour la nuit. Les détectives amateurs ont testés différentes armes à feu, réalisé des tests ADN et démonté quelques théories fallacieuses. Malgré tous ses efforts, on en sait guère plus aujourd'hui sur les événements qui ont précédés la mort de Lewis, qu'il y a deux siècles.

Dans la nuit du 10 au 11 octobre 1809, Meriwether Lewis, armé de plusieurs pistolets, d'une carabine et d'un tomahawk fait halte dans une cabane en bois au lieu dit de Grinder’s Stand. Nommé gouverneur du territoire de Louisiane après son retour d'expédition, Lewis est alors en route pour Washington où il doit régler des affaires financières. Selon certains témoignages, il serait arrivé seul au logement hôtelier; selon d'autres, il aurait été accompagnés de domestiques. Mme Grinder, l'aubergiste, prétend que cette nuit là, elle entendit plusieurs coups de feu. Plus tard, elle certifie qu'elle a vu un Lewis blessé et rampant qui l'aurait suppliée de lui apporter de l'eau. Mais elle aurait été trop effrayée pour lui venir en aide. Lewis meurt, avant le lever du soleil, de plusieurs balles dans la tête et l'abdomen. L'un des ses compagnons, arrivé un peu plus tard, se serait chargé de l'enterrer à proximité du lieu du drame. Cet ami est alors persuadé qu'il s'agit d'un suicide. Selon lui, Lewis aurait rédigé un testament avant de quitter Saint-Louis et désigné ses associés pour se charger de son exécution en cas de mort prématurée. Par ailleurs, l'explorateur avait déjà tenté de se suicider à plusieurs reprises et souffrait, selon Jefferson, de dépression. A l'annonce du décès de son ancien compagnon de voyage, Clark lui-même, admis que Lewis présentait tous les symptomes de la mélancolie. On sait, par ailleurs, que Lewis traversait une période de sa vie extrêmement difficile. Il était criblé de dettes, buvait plus que de raison et, il était peut-être atteint d'une grave maladie comme la syphilis ou la malaria. On imagine aussi sans difficulté que son nouvel emploi de bureaucrate ne devait pas tellement le stimuler. Enfin, on sait qu'il ne considérait pas son expédition dans le nord ouest comme un complet succès puisqu'il n'avait pas atteint son but initial : la découverte d'un passage vers le Pacifique.

John Guice, professeur d'histoire à l'université du Mississippi et l'un des plus fervents opposants à la théorie du suicide, pense au contraire que Lewis avait toute les raisons d'être satisfait. Ne goutait-il pas pleinement les plaisirs de la célébrité acquise ? Il était admiré du grand public et gouverneur d'un immense territoire. Dernier argument : comment un tireur d'élite a-t-il pu rater sa cible plusieurs fois et saboter son propre suicide ? Le professeur Guice pense plutôt que Lewis s'est trouvé confronté à un groupe de bandits notoires. Il existe bien d'autres hypothèses plus ou moins romanesques. D'aucuns pensent que l'aubergiste, M. Grinder, aurait surpris son épouse dans les bras du célèbre explorateur ; d'autres penchent pour un complot militaire impliquant le général James Wilkinson. La mère de Meriwether Lewis a toujours prétendu que son fils avait été assassinée. Les autorités semblent être restées sourdes a ses allégations jusqu'en 1840. A cette date, une commission d'habitants du Tennessee décide d'ériger un monument à la mémoire du héros américain. En examinent le squelette, les membres du comité arrive à la conclusion que Lewis a bien été victime d'un meurtre. Malheureusement, ils ont omis de préciser comment ils sont arrivés à cette conclusion.
James Starrs, professeur de droit à l'Université George Washington et expert en médecine légale pensent que les techniques d'investigations contemporaines devraient permettre d'en savoir davantage sur l'affaire Lewis. Des prélèvements d'ADN ont déjà été réalisé sur plusieurs descendants de la branche féminine. Il ne reste plus qu'à les comparer avec le corps inhumé à Natchez Trace. Il s'agit d'une part de déterminer si la sépulture en question est bien celle de Lewis ; d'autre part, si le corps est intact, les experts pourront analyser les éventuels résidus de poudre et déterminer si les balles ont été tirées à bout portant. Tout peut être envisagé. Les analyses permettraient, par exemple, de déterminer si Lewis s'adonnait à la drogue ou s'il souffrait réellement de syphilis.
James Holmberg, le directeur de la Filson Historical Society à Louisville pense quant-à lui que cette recherche est vaine. Il existe tellement de versions différents de l'histoire que cela semble impossible de démêler le vrai du faux. Il y a des questions auxquelles, même la science ne peut pas répondre.

Source : Smithsonian Magazine

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