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La fabuleuse découverte des ruines de Troie - Heinrich Schliemann

La guerre de Troie, dont les épisodes nous sont rapportés par la tradition gréco-romaine, est évoquée pour la première fois au 8ème siècle avant J.C. dans L’Iliade, le poème épique d’Homère. Si on en croit les sources antiques, le conflit légendaire opposant les troupes grecques à celles du roi Priam, se serait déroulé aux alentours du 12ème siècle avant J.C.Bien qu’on ignore encore si cette guerre a vraiment eu lieu, une succession d’archéologues amateurs et professionnels ont tenté depuis le 18ème siècle de localiser le théâtre des évènements. Heinrich Schliemann (1822-1890) est considéré aujourd’hui comme le découvreur de la cité mythique de Troie.

En 1868, le riche négociant allemand Heinrich Schliemann se rend en Anatolie (actuelle Turquie), dans un village nommé Bounarbachi (ou Bounar-Bachi), qui selon l’érudit français Jean-Baptiste Lechevalier (1752-1836) serait le site de la Troie historique (Voyage dans la Troade, ou tableau de la plaine de Troie dans son état actuel, Paris, Laran, 1799). En dépit de ses recherches, Schliemann ne trouve nul trace de la cité sur cet emplacement. Trois ans plus tard, ayant eu connaissance des travaux de fouilles du diplomate anglais Frank Calvert (1828–1908), il se rend sur les collines d’Hissarlik à 5 km de là. Le site est situé à égale distance de la mer Égée et des Dardanelles (6,5 km). Armé de ses exemplaires de L’Iliade et L’Odyssée, Heinrich Schliemann se livre à une étude comparée du terrain et des informations géographiques fournies par Homère. Persuadé que l’intuition de son processeur étaient fondée, il engage plus d’une centaine d’ouvrier et achète le matériel nécessaire à sa campagne de fouilles. Parallèlement, il négocie l’achat du terrain avec les paysans turcs et les dispositions légales concernant ses futures découvertes avec le gouvernement ottoman. On sait aujourd’hui ces aspects de la question seront à l’origine de ses futurs déboires judiciaires.

L’autodidacte Heinrich Schliemann est en effet un personnage fort controversé. Forcé de travaillé dès l’âge de 14 ans, il apprend seul plusieurs langues étrangères. Après avoir fait fortune dans le commerce, il délaisse ses affaires pour se consacrer à la recherche archéologique. A Hissarlik, il mène sept campagnes de fouilles et obtient un doctorat en archéologie en 1878. Il découvre aussi les ruines de Mycènes (1874), Orchomène (1880) et Tirynthe (1884). En 1874, alors qu’il prétend avoir découvert le trésor de Priam, le gouvernement ottoman l’accuse de vol d’antiquités et de falsification. Il vrai que l’archéologue allemand a fait sortir en secret de Turquie plusieurs pièces archéologiques, tandis que d’autres sont offertes aux musées du Louvre et au British Museum. Seule une petite partie de ses trouvailles sont transmises au musée de Constantinople. En 1889, il doit reconnaître qu’il a commis des erreurs de datation. Enfin, le site de Troie a été fort endommagé par les fouilles qu’il a entreprises et un grand nombre d’éléments sont irrémédiablement perdus pour la recherche. En dépit de ces différentes péripéties, l’apport scientifique d’Heinrich Schliemann à l’histoire de l’Asie Mineure et de la Grèce antique est incontestable. Le site archéologique de Troie est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998.

La fabuleuse découverte des ruines de Troie, compte-rendu des expéditions de l’archéologue allemand dans la région de la Troade, est en réalité une compilation d’ouvrages et d’articles. Le titre, plutôt accrocheur, suppose un voyage extraordinaire et plein de merveilleuses découvertes. Les trésors existent bien mais le style d’écriture est si rébarbatif qu’il faut être un véritable aficionado de l’archéologie plus en arriver à bout. Bien-sûr, il ne s’agit ni d’un roman ni d’un récit de voyage mais il faut reconnaître que si Heinrich Schliemann est doué pour les langues (le texte a été rédigé en français), il l’est moins pour l’écriture. A son crédit, il faut néanmoins garder en tête que le texte date du 19ème siècle et qu’il s’adresse à des professionnels. Il est donc rédiger à la manière d’un catalogue avec des listes interminable de références littéraires et d’objets découverts lors des fouilles. L’aspect le plus intéressant finalement est l’évocation quotidienne du chantier et des problèmes rencontrés par l’auteur (main d’œuvre, accidents, difficultés matérielles, etc).

La fabuleuse découverte des ruines de Troie Premier voyage à Troie (1871) suivi de Antiquités troyennes (1871-1873) de Heinrich Schliemann (Texto, octobre 2011, 280 pages).





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