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Les chevaliers du Moyen-Age souffraient-ils de stress post-traumatique ?

Dans l'imaginaire collectif, le chevalier du moyen-Age apparaît souvent comme un individu sanguinaire, prenant plaisir à guerroyer. Or, une étude réalisée par Thomas Heebøll-Holm, chercheur à l'Institut SAXO de l'Université de Copenhague au Danemark, montre que les chevaliers ne tuaient par plaisir mais parce que c'était leur devoir, à l'instar des militaires contemporains exerçant leur métier. De même, le Moyen-Age, n'était pas aussi violent que nous l'imaginons, même si cette notion était différente de la notre.

Une première question soulevée par le Dr Heebøll-Holm est de savoir si les chevaliers étaient violents par nature ou s'ils apprenaient à le devenir dans une société qui les y incitait. Certains psychologues estiment en effet qu'ils existent une violence latente dans nos gènes tandis que d'autres pensent, au contraire, qu'elle n'est pas innée et que nous apprenons par la formation. Les recherches de l'historien danois place la perception de la violence au Moyen-Age, quelque part entre ces deux catégories. Selon lui, les statistiques criminelles et les lettres de pardon prouvent que la société médiévale n'était pas plus violente que celle d'aujourd'hui. Néanmoins, si nos ancêtres réprouvaient la violence, ils n'hésitaient pas à y recourir si nécessaire. Monsieur Heebøll-Holm cite ici un exemple empruntée aux archives parisiennes du 14ème siècle. Il s'agit d'une histoire que l'on qualifierait aujourd'hui de fait divers, où une femme est battu à mort par son époux. Ses deux frères demandent que le mari se repente de ses actions mais celui-ci refuse. Dès lors, et bien qu'ils y répugnent, les demandeurs décident de tuer l’assassin de leur parente afin de rétablir leur honneur. Ils ont été graciés par les tribunaux qui ont estimé leur cause légitime. En effet, précise l'historien, l'autorité médiévale était trop faible pour assurer le respect de la loi et de l'ordre, sans l'aide des administrés eux-mêmes.

Le Dr Heebøll-Holm a, par ailleurs, étudié l’œuvre du Français Geoffroi de Charny, considéré comme l'un des meilleurs chevaliers du 14ème siècle et auteur de 3 ouvrages, dont le plus fameux, le Livre de Chevalerie, a été rédigé vers 1350. Deux ans plus tard, Geoffroi de Charny écrit Demandes pour la joute, les tournois et la guerre, un livre destiné aux chevaliers de l'ordre de l'Étoile, fondé par le roi Jean II le Bon (1319-1364). Enfin, dans un troisième volume, intitulé Livre Charny, il décrit la vie d'un chevalier et énumère les qualités qu'il doit posséder. Geoffroi de Charny aborde également la question de la mise à mort des adversaires et mentionne les difficultés quotidiennes comme le manque de sommeil, la faim ou le découragement. Selon Thomas Heebøll-Holm, le chevalier français décrits plusieurs facteurs de stress que l'on retrouve dans les manuels de psychologie militaire moderne ou dans les rapports de médecins. Certains symptômes qu'il dépeint sont observés chez les vétérans de la guerre du Vietnam, par exemple.
Parmi les conseils que Geoffroi de Charny distille aux futurs chevaliers, il y a celui portant sur le choix de la cause à défendre. S'il veut se préserver et éviter de succomber aux pressions de la guerre, le soldat doit défendre une cause juste, pour rétablir la loi et l'ordre, et non dans l'objectif d'obtenir un gain personnel. Dans l'esprit de l'époque, une cause juste est bien-sûr celle de Dieu.

Image: Le sang des Templiers

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