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Qui a peur du chien du Prince Rupert ? Démonologie et propagande au 17ème siècle

Le professeur Mark Stoyle, de l'Université de Southampton, a montré récemment comment les historiens contemporains se sont laissés abuser par une campagne de propagande vieille de 350 ans. Les légendes populaires sur la guerre civile anglaise (1642-1651), qui opposa les Têtes Rondes (partisans du parlement) aux Cavaliers (les Royalistes)rapportent que les Parlementaires étaient terrorisés par un démon canin, compagnon du prince Rupert (1619-1682), comte palatin du Rhin, duc de Bavière et de Cumberland et neveu du roi Charles 1er d'Angleterre (1600-1649).

Jusqu'à aujourd'hui, les universitaires avaient admis la version selon laquelle les soldats du parlement tremblaient à l'idée de se rendre sur le champ de bataille pour se mesurer au Prince Rupert, maître du sinistre Boy, un chien habité par les forces du mal.
En réalité, Les Têtes Rondes auraient étaient à l'origine de la rumeur selon laquelle le comte palatin était habité par Satan et possédait des pouvoirs occultes. Or, les Royalistes auraient habilement retourné le mythe contre leurs ennemis en les faisant passer pour de crédules imbéciles.

John Cleveland, un écrivain partisan des Cavaliers aurait été à l'origine de ce processus de propagande. Auteur d'un poème satirique, il déclare que les parlementaires sont convaincus des pouvoirs magiques du Prince Rupert et suggère qu'ils voient le chien comme une incarnation démoniaque. Le poème de Cleveland inspire deux pamphlets censés émaner des Têtes rondes mais qui, en fait, sont l'oeuvre d'écrivains royalistes. Ces libelles énumèrent les supposés pouvoirs du chien-sorcier et suggère pour l'abattre de viser la gueule du démon. Ces histoires fantastiques ont continé de se propager jusqu'à la défaite du Prince Rupert, à la bataille de Marston Moor, le 2 juillet 1644, et la mort de son fidèle chien Boy. Quelques mois plus tard, les Parlementaires gagnaient la première manche de guerre civile et le roi se retirait, avec une armée écossaise, à Southwell.

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