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Les lourdes armures françaises ont-elles perdu la bataille d'Azincourt ?

Les Français auraient-ils gagné la bataille d’Azincourt en 1415 s’ils avaient porté des armures plus légères ? Peut-être bien, si on en croit une étude menée par un groupe de scientifiques des universités de Leeds, d’Oxford et de Milan. Les résultats de leurs recherches sont parus dans Proceedings B, la revue de biologie de la Royal Society, le 20 juillet 2011. Les tests menés sur les bénévoles du Royal Armouries Museum montrent que les soldats embourbés sur le champ de bataille et affublés de cuirasses de 30 à 50 kg étaient épuisés avant même le début du combat.


En effet, un chevalier qui se respectait devait porter un costume d’acier composé d’au moins une plaque dans le dos et d’une sur la poitrine, sans compter les éléments de protection des bras et des jambes. Selon le professeur Graham Askew, du département de Biologie à l’Université de Leeds dans le Yorkshire et co-auteur de l’article intitulé Limitations imposed by wearing armour on Medieval soldiers' locomotor performance (Limitations imposées par le port de l'armure sur ​​les performances locomotrices des soldats médiévaux), le port de ces plaques d’acier aurait doublé l’énergie nécessaire aux chevaliers pour se déplacer sur le terrain et combattre l’ennemi. Le Dr Askew et ses collègues, le chercheur Federico Formenti du département de Physiologie, d’'anatomie et de génétique d’Oxford et le professeur Alberto Minetti du laboratoire de Physiologie humaine à l’Université de Milan, ont demandé aux membres du personnel du Royal Armouries Museum de se plier à plusieurs exercices (comme marcher et courir sur un tapis roulant) harnachés de différents types d’armures du 15ème siècle. Parmi celles-ci, il y avait des modèles anglais, allemands et milanais empruntés au musée.



Les chercheurs ont également prouvé que le poids seul de l'armure n'explique par ce doublement d’énergie nécessaire aux soldats. Ils ont, en effet, procédé à un petit calcul original: si les chevaliers avaient porté leur armure dans un sac à dos, leurs capacités n'auraient été divisée que par 1,7. Par ailleurs, des essais respirométriques ont montré que les armures avaient un fort impact sur la respiration du soldat. Ainsi que l'explique Federico Formenti, qui est désormais maître de conférence à l'Université Auckland en Nouvelle Zélande, les chevaliers français, enveloppés dans leur lourde coquille d'acier, étaient à bout de souffle avant m^me d'arriver sur les lignes de défenses anglaises. Leur résistance au combat étaient donc limitée et, en dépit de leur sur-nombre à Azincourt, un bon nombre d'entre-eux ont péri, abandonnant la victoire des troupes d'Henri V (1387-1422).

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